Réactions

Nous publions ici des extraits de réactions et réponses reçues depuis le début de notre campagne. Nous les publions anonymement pour protéger leurs auteurs, sauf accord spécifique de leur part.

Juste un petit témoignage : nous sommes revenus du Vietnam il y a 1 semaine.
Le Vietnam est un pays de plus de 90 millions d’habitants, limitrophe de la Chine, avec une très très forte densité de population dans les grandes villes (comme TP Ho Chi Minh).
Mais la population porte le masque.
Pour l’instant, il y a moins de 1 000 malades et 0 décès.
Sans commentaire.

Nhan T., consultant

Je pense que nous allons diffuser ces analyses et recommandations vont presque devenir du bon sens au fur et à mesure que l’épidémie et le dilemme de la sortie du confinement vont s’imposer à tous comme un redoutable défi collectif.


Gérard J., 30/03

Votre étude démasque la défausse des experts et gouvernants sur le manque de masques (et la confusion des différents types pour éviter que la population en demande pour elle).

Jérôme C., coach, accompagnateur de transformations personnelles et collectives

En effet voilà une réflexion très pertinente. En généralisant le port du masque, là où les personnes risquent d’être en contact, il ne s’agissait pas d’empêcher la propagation mais, à défaut de savoir l’empêcher, de la réduire considérablement.
Ainsi un moyen très simple, très peu coûteux et sans aucune conséquence sur l’activité économique a été non seulement négligé mais écarté.
« Mais malheureusement nous n’avions pas de masques ! »… « Il en aurait fallu des dizaines de millions chaque jour ! »…a t’on entendu. C’est de nouveau la même erreur de pensée. Des masques homologués, filtrants les virus, oui, c’est coûteux et nous ne les avions pas (Il faudra tout de même en tirer les leçons en terme d’impréparation et de manque de précaution afin d’être mieux préparés à la prochaine pandémie, qui ne tardera pas). Mais ces masques, c’est de nouveau la protection à 100%. C’est une solution possible mais pas la seule.
En revanche si on avait demandé à tous les Français : « Faites-vous au plus vite un masque de fortune. Ça ne vous protège pas mais ça réduit drastiquement la propagation de la contagion », en moins d’une journée toute la France se serait équipée. Les gens auraient fabriqué eux-mêmes leurs masques, pour eux et leurs enfants. Certes ç’aurait été des masques de fortune ; mais en moins d’une semaine des masques déjà un peu plus sophistiqués seraient sortis de la production, artisanale ou industrielle. On n’attendrait pas comme aujourd’hui les masques convoyés comme de l’or sur le tarmac des aéroports et sous les feux des média !
Mais au lieu de cela, la communication officielle a été répétée en boucle : « les masques (sauf très sophistiqués que l’on réserve au personnel soignant) ne servent à rien ! » Cette simple communication, qui visait peut-être aussi à couvrir l’impréparation de l’État, a été très malheureuse : on ne sait pas de combien elle aura accéléré — ou plutôt évité de freiner — la pandémie !  Et tout le monde, discipliné, l’a crue lorsque le Président et son premier ministre ont focalisé l’attention sur le confinement (qu’il fallait sans doute décréter, mais pas que).
Alors que les coréens utilisaient les masques de façon systématique, simplement pour ne pas postillonner sur le voisin. Certes ils ont mis aussi en place le dépistage ; et la traçabilité grâce aux téléphones portables. Là encore, même si c’est contraire aux libertés, il suffisait de demander la permission aux gens ; en pareil cas, si l’on explique aux gens testés positivement l’enjeu d’un dépistage rapide par leur historique GPS des autres personnes rencontrées et potentiellement infectées, 99% d’entre vont accepter : elles collaboreront volontiers. Cela suffira à réussir 99% de la traçabilité. Il n’y a pas besoin pour cela  d’attendre un avis du conseil d’État ni de voter une loi d’exception pour agir, même si c’est bien de régulariser après coup. Toujours l’erreur de ne penser qu’en terme de solution idéale, conforme aux procédures et aux normes, au lieu de faire appel au bon sens et à la participation de la population. En prime, en faisant appel à la libre participation de la population et à des mesures visibles et de bon sens, le gouvernement gagnerait en confiance au lieu de se voir bientôt à 60% de défiance pour gérer la crise.
Le même débat ubuesque s’est déroulé pour l’hydroxychloroquine, sous prétexte que ce n’était pas prouvé à 100% par les protocoles ad hoc !…ou qu’il pouvait y avoir des risques si c’était mal encadré. Toujours cette réaction de ne rien faire parce  qu’on n’a pas la solution homologuée et sûre à 100% sous la main. C’est une paralysie du bon sens par un système qui se veut parfait.
Dans le cas du port du masque et de sa fabrication, il n’y avait même pas ces risques et les conséquences peuvent être considérables en termes de nombre de personnes infestées et de rapidité d’engorgement de nos capacités hospitalières.
Merci à tous ceux qui sont dans des instances de décision de contribuer à faire remettre le bon sens dans les débats aveugles de certains experts.

Laurent Challan-Belval

Merci à la Kès 81 pour cette analyse, que je partage évidemment.
L’erreur de communication (ou de compréhension ?) des pouvoirs publics est de se baser sur le fait que des masques chirurgicaux ou des masques faits maison ne protègent pas suffisamment les porteurs. Or il faut dire clairement que l’objectif recherché pour être efficace doit être avant tout de protéger non pas le porteur mais son environnement, et pour cet objectif un masque anti postillon (simple foulard ou autre moyen) est très efficace.
Ce serait effectivement une alternative pertinente et plus efficiente d’un point de vue économique à une prolongation du confinement, à condition que le port d’un tel dispositif soit rendu obligatoire pour tous sur la voie publique et dans les lieux collectifs.
Je vais faire remonter cette réflexion de bon sens et l’analyse proposée au sein du Ministère.

Patrice Brudieu, Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

Bravo pour ce papier et tout à fait d’accord avec ce raisonnement et merci de m’avoir ainsi donné le ratio de 1 à 3 que je n’avais pas.
Mon raisonnement suivait une approche un peu différente mais revient au même. Les Allemands ou les Coréens ne sont pas plus « solides » que les Latins (SP, IT, et FR) donc notre taux de mortalité ne s’expliquent que par un nombre de contaminés de 5 à 10 fois supérieurs (voire plus si on part de l’hypothèse que le nombre de décès est lui-même sous-estimé). Même avec le confinement souple actuel, sans verrouillage (par un masque) de l’émetteur ou sans identification massive pour isolement de celui-ci, le confinement est donc en grande partie inefficace car dès sortie « autorisée » la probabilité de croiser un cas devient significative : par exemple même avec les gestes barrières, portes, produits, caddies contaminés dans un super marché…
Je partage tout à fait vos conclusions car je ne vois pas comment faire autrement à la fin du confinement si on veut éviter une 2ème vague (en attente d’un vaccin) ou éviter un confinement qui tuerait notre économie par sa durée. La 3ème est aussi importante, car il ne faudrait pas tomber dans des oppositions de dogmes (pro et anti) non démontrés qui seraient totalement stérile dans le contexte.
Familialement nous avons donc chacun notre masque « maison » suivant le tuto dit « de Grenoble » et nous le portons quasi-systématiquement à l’extérieur.

Jean-Éric Chevillot, consultant aéronautique/défense et gestion des risques