Q : « L’OMS dit que ça ne sert à rien ! »

Pour des raisons qui nous échappent (peut-être liées à la pénurie de masques, argument constamment invoqué), l’OMS ne recommande pas le port généralisé du masque. Les arguments avancés nous semblent parfois biaisés et manquant de cohérence. Jugez-en sur la base d’un résumé de leur position courante (texte original : Advice on the use of masks in the context of COVID-19-Interim guidance-6 April 2020, traduction par nos soins) :

  • « Il est possible que des personnes infectées par le Covid-19 puissent transmettre la maladie avant l’apparition des symptômes ». Cela a été « documenté dans un petit nombre de rapports ». « Des données suggèrent que certaines personnes sont testées positives pour le Covid-19 de 1 à 3 jours avant l’apparition des symptômes »
  • « Des études (…) montrent que l’usage d’un masque médical peut prévenir le développement de l’infection (…) et une contamination potentielle. »
  • « Il n’y a pas de preuve que le port du masque par des personnes saines (…) puissent prévenir des infections ». Nous sommes en désaccord sur ce point, plusieurs études citées notamment sur notre site montrent l’efficacité des masques à la réception, ce que confirme empiriquement l’écart d’ordre de grandeur de cas (et hélas de décès) entre les pays « à masques » et les pays « sans ». Nous avons justement confirmé dans notre analyse que l’ordre de grandeur de l’écart peut s’expliquer par le port du masque.
  • « (..) Les avantages potentiels du port du masque par des personnes saines incluent la réduction du risque d’exposition par des personnes infectées et asymptomatiques », avec certains « risques potentiels : auto-contamination, difficultés à respirer, faux sens de sécurité, détournement des stocks au détriment des personnels de santé, détournement de ressources au détriment de mesure efficaces de sécurité publique, comme le lavage des mains (?) ». Nous pensons que ces arguments sont réfutables par une bonne communication sur l’utilisation des masques, la promotion à court terme de masques artisanaux, et à moyen terme le développement de la production.
  • En ce qui concerne les masques artisanaux « Leur usage en public n’a pas été bien évalué. » « Nous manquons d’éléments pour émettre une recommandation pour ou contre (…) » Des études existent pourtant sur le sujet (voir plus haut).

La communication des hauts responsables de l’OMS reste ambigüe sur ce sujet. Le Dr Mike Ryan, Directeur Exécutif du Programme d’Urgences de Santé à l’OMS a déclaré à une conférence de presse le 30 mars (cité par @thehill : « Il n’y a pas de preuve spécifique qui suggère que le port généralisé du masque ait aucun bénéfice spécifique. En fait, il y a même des preuves du contraire… » puis le 3 avril (cité par Bloomberg) : « L’idée de porter (…) des protections respiratoires (…) n’est pas une mauvaise idée en soi. » (traductions par nos soins)

Alors que de nombreux gouvernements, élus locaux, responsables de communautés, que le CDC aux Etats-Unis, les Académies de Médecine en France et en Belgique recommandent désormais le port du masque systématique, nous trouvons regrettable la position de l’OMS, quelles qu’en soient les motivations, et décevante de la part d’un organisme dont les valeurs affichées sont notamment la priorité à la santé publique et des décisions promptes, justes et transparentes.

Voir la recommandation de l’Académie de Médecine en France.

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